27 mars 2011

Notre vie se résume en une seule phrase, Salif (2004)



Sous ce titre explicite et cette pochette décidément pas sérieuse se cache Salif version 2004, rien à voir avec la version Boulogne Boy. Sur "Tous ensemble, chacun pour soit" Salif manie l'humour, l'ironie et les lyrics acerbes tantôt désabusés tantôt délirants mais qui nous laisse toujours apprécier ses contradictions et sa richesse technique. Dur de résumer cet album si varié en un seul morceau mais "Notre vie se résume en une seule phrase" est particulièrement réussi grâce à la production de Madizm. Le refrain et ses scratchs assassins complètent à merveille le flow mélancolique du rappeur.



Deux issues, Kery James (2001)



L'album "Si c'était à refaire" mis en orbite en 2002 comme une météorite dans le rap français nous permet de découvrir Kery James, ancien Ideal J et nouvellement converti à l'Islam, sous un autre angle. Décidant d'aller jusqu'au bout de ses convictions en délivrant un album sans utilisation d'instruments à corde ni à vent, il nous livre ici un opus musicalement original et riche malgré le dépouillement des sonorités.


Le discours aussi est à la marge du reste du mouvement: "si c'était à refaire" résonne comme une réponse, inconsciante ou non, au "Pas le temps pour les regrets" désormais devenu l'hymne du hip-hop français depuis la sortie de Mauvais Oeil en 2000.


Le morceau "2 issues" reflète bien la couleur de l'album:  un constat mélancolique, un fond sonore original à la fois riche et dépouillé et une écriture plutôt habile.



21 mars 2011

Freestyle Mixtape Generaldo, Mala & Booba (2000)

Freestyle extrait de Generaldo Vol.1, une "vraie" mixtape (à l'époque elles se vendaient encore en cassette...) sortie en 2000 et qui rassemblaient la crème du 45 scientific et des rappeurs affiliés au label. Pourquoi ce freestyle plus qu'un autre? Parce que l'instru de Rock the World d'Heltah Skeltah correspond particulièrement aux voix si atypiques de Mala et Booba. Egalement parce que Mala nous laisse entrevoir ici le rappeur qu'il aurait pu devenir s'il n'était pas tombé dans la facilité et le vocoder...


Bref autant de raisons d'écouter Jean Pierre Seck quand il dit "Enregistrez, mettez les cassettes!"


4 janv. 2011

L'enfer, Iam featuring East & Fabe (1997)





Décédé en 1996 des suites d'un accident de scooter, East est sans aucun doute un des rappeurs les plus talentueux à n'avoir jamais percé dans le rap français, faute de temps. Iam lui offrira cependant une apparition sur l'album "L'école du micro d'argent" avec un morceau très justement intitulé "L'enfer".

Emprunt d'une atmosphère pesante samplée sur la bande originale de l'inspecteur Harry (de Lalo Schifrin), ce titre revêt une signification particulière puisque East était déjà décédé lors de la sortie de l'album. Un morceau hommage qui nous laisse juste constater son immense talent et imaginer ce qu'aurait pu être le Hip-Hop français sans sa disparition.






Lien:
Un article pour en savoir un peu plus sur East

Dans la sono, Beat De Boul (1997)

Le retour de Zoxea sur le devant de la scène avec "Boulogne tristesse" est l'occasion ou jamais de reparler du Beat de Boul, l'un des collectifs de rappeurs les plus prisés de fin des années 90. Composé des Sages poètes de la rue, de la Malekal Morte et de Sir Doum's, le groupe était également proche d'artistes comme Mo'vez Lang ou Lunatic. 

"Dans la sono", morceau à la rythmique lancinante dégage néanmoins une énergie folle. Les rappeurs (Mala, Dany Dan, Zoxea et Sir Doum's) enchaînent des couplets qui ne se ressemblent pas, faisant tour à tour preuve d'un niveau technique impressionnant.


Boulogne tristesse, Zoxea (2010)

C'est le premier article de ce blog dédié à un morceau actuel et ce n'est pas un hasard si mon choix s'est porté sur "Boulogne tristesse". Je trouve que ce titre est plein de fraîcheur malgré le fait qu'il soit délibérément  tourné vers le passé. 

La production, loin d'être révolutionnaire, est bonne et transpire la nostalgie omniprésente de ce morceau. Zoxea y décrit avec tristesse et amertume l'évolution des rappeurs de Boulogne qui formaient encore le collectif Beat De Boul à la fin des années 90. Une façon de rapper qui nous ramène un peu en arrière et un texte truffé de clins-d'oeils à la période d'or du Beat de Boul ("certains rappeurs nous regardent d'un air moqueur", "au mauvais oeil j'ai demandé un temps mort"...). 

Ce qui distingue le morceau c'est aussi la sincérité qui s'en émane et qui est une qualité qui fait indéniablement défaut à pas mal de rappeurs aujourd'hui.